mercredi 6 avril 2016

La CNV : nécessaire ou pas ?


     La CNV (communication non violente) date des années 60. Marshall B. Rosenberg s'est inspiré de la pensée de Gandhi et de Krishnamurti. C'est une marque déposée. Mais quel est son but, comment ça marche, quelles en sont les limites ? Est-ce un simple produit marketing ou bien apporte-t-elle vraiment quelque chose dans nos relations ?

  • À quoi sert-elle ?

 

     C'est un outil de communication principalement verbal qui a pour but la résolution de conflits en mettant en place des relations basées sur l'empathie, la compassion, la coopération harmonieuse et le respect de soi et des autres. Que c'est beau...
Elle est beaucoup utilisée dans les relations d'aide, d'accompagnement, de médiation et....de coaching. Tiens donc !
     De plus, elle se combine avec d'autres outils thérapeutiques dont certains sont controversés :
- le coaching
- la Gestalt therapie : centrée sur la manière dont la personne s'ajuste à l'environnement et aux autres
- l'analyse transactionnelle : qui postule des "états du moi" (Parent/Adulte/Enfant)
- la PNL (programmation neurolinguistique) : qui vise à construire des modèles de comportements, à mettre en place des techniques pour augmenter l'habileté relationnelle
- la thérapie systémique : qui aborde la personne au niveau individuel mais aussi environnemental en interprétant les troubles psy comme étant des adaptations normales adapté à un contexte et un environnement défaillant.


  • Sur quoi se base-t-elle ?



    La PNL se base sur la notion de besoins qui se trouvent être le noeud entre les actions des autres et nos sentiments. Quand il y a conflit, c'est parce qu'il y a insatisfaction d'un besoin dans la relation. 



     Les besoins sont universels, indépendants du contexte, et conduisent à agir vers une amélioration. Il existe une infinité de manière de les satisfaire. 

Liste des besoins :
- physiologiques, bien-être physique
- sécurité
- empathie, compréhension
- amour, intimité 
- jeu, distraction
- repos, détente, récupération
- autonomie
- sens, spiritualité 



  • Comment fonctionne-t-elle ?

  





  • Ses limites

 

Le processus de la CNV peut être utilisé de trois manières :
. Communiquer avec soi-même pour clarifier ce qui se passe en soi (auto-empathie)
. Communiquer avec l'autre d'une manière qui favorise la compréhension et l'acceptation du message
. Recevoir un message de l'autre, l'écouter d'une manière qui favorise le dialogue quelle que soit sa façon de s'exprimer. 

En ce qui concerne la première manière, il n'y a rien à redire, c'est plutôt sain de comprendre ce qui se passe en soi. Mais pour les deux autres façons d'utiliser la CNV, deux problèmes majeurs me semblent à noter.


a) manipuler autrui

 

La CNV vise à faire accepter à l'autre une demande. Il est expliqué qu'elle n'est efficace que quand le groupe ou la personne en face ignore le processus de communication dans lequel on interagit
Je ne sais pas vous, mais pour moi, tout de suite, je me dis que c'est de la manipulation. En gros, on nous conseille de bien identifier nos besoins, de bien connaître le vocabulaire pour exprimer nos sentiments (utile si on veut jouer sur la corde sensible) afin de pouvoir effectuer une demande en utilisant des stratégies afin que la personne en face soit dans une attitude positive pour recevoir cette demande. 
Vous me direz qu'il est précisé que dans une demande, à l'inverse d'une exigence, la personne est en droit de refuser, et cela ne doit pas entraîner de frustration, c'est une conséquence envisagée d'avance. Certes, mais tout de même... La limite est plutôt floue et d'ailleurs beaucoup enrobent leurs phrases de délicatesse avec pour seul objetif, en flattant l'autre, de parvenir à leurs fins.
Cela pourrait s'apparenter à de la pression affective cachée donc...


b) être manipulé 

 

Je ne sais pas si vous avez déjà discuté avec une personne à tendance abusive. Pour ma part, j'ai une assez grande expérience de la chose et je peux vous dire qu'une telle personne, si vous faites des demandes enrobées dans de la délicatesse, fera mine de ne pas comprendre. Le simple fait que, dans la CNV, la demande puisse contenir l'implicite que l'autre peut refuser est un levier idéal pour ce genre d'abus. En effet, si vous dites à une personne abusive : j'ai besoin d'être écoutée, elle a vite fait de feindre que cela ne lui est pas adressé en propre. En revanche, comme elle est très sure de ses besoins, elle va profiter du fait que vous vous dévoiliez pour cerner des failles sur lesquelles elle pourra appuyer. 
Dans ce genre de situations, mieux vaut, donc, être capable d'être ferme et déterminé pour poser la limite du respect de soi.



Pour terminer, on peut se poser la question, finalement de l'utilité réelle d'une telle méthode étant donné qu'elle ne s'applique que dans les situations les plus simples. Et dans ces cas là, nos ancêtre n'avaient ils pas eux-mêmes une méthode amplement suffisante ? La politesse.

lundi 4 avril 2016

Dissociation et sentinelle

Il y a très longtemps, une toute petite fille habitait dans un corps. Ce corps, petit, léger, lui appartenait. Elle pouvait sauter, danser et même voler avec ce corps, il lui suffisait de le vouloir. Elle pouvait aussi entrer en communication avec d’autres petites filles habitant d’autres corps de la même taille que le sien. Sa vie était un jeu. Elle testait toutes les possibilités de sa machine qu’elle contrôlait d’une simple volonté. Elle vivait en symbiose avec ce corps qu’elle trouvait beau, comme un ange asexué, ni homme, ni femme, ni fille, ni garçon. Pourquoi ? Il y a des corps faits différemment de ce corps qu’habite la petite fille ? Non, ce n’est pas possible ! Bon, oui, il y en a qui ont des cheveux longs, d’autres des cheveux courts, qui mettent des pantalons ou d’autres des jupes. Mais tout ça n’est que superficiel. De toutes façons, ils sont tous habités par des petites filles.

Il y a très longtemps, mais moins longtemps quand même, la petite fille aimait une autre petite fille qui habitait dans un corps plus grand. Cette autre petite fille regardait à travers le petit corps et voyait la fillette cachée qui réclamait l’amour. Parce que toutes les petites filles rêvent d’amour, l’amour qui peut les aider à guider ce corps dans sa croissance. L’amour inconditionnel, sans soucis du superficiel. L’amour pour la vraie petite fille aux commandes du corps.

Mais un jour, la petite fille dans le corps plus grand a profité de la confiance de la petite fille dans le corps petit. Etait-ce vraiment une petite fille dans ce grand corps ? C’était peut-être plutôt un loup-garou comme dans les histoires qu’on raconte. Mais non, le loup-garou, il est dans la forêt et c’est quelqu’un qu’on ne connaît pas, alors que la petite fille du grand corps, elle la connaît, elle la connaît très bien même, elle l’a toujours connue...je crois. Que s’est-il passé pour que cette petite fille, ce loup-garou, essaie de prendre le contrôle sur le petit corps ? Comment a-t-il pu dire à la petite fille du petit corps « Tu ne sais pas faire avec ton petit corps, je vais te montrer, moi, comment tu peux le contrôler ! Tu vas voir, tu vas t’amuser comme jamais, il va réagir comme un corps de grand. » Nooooooon ! Laisse-moi mon corps, je veux pas qu’il soit comme un corps de grand, je veux pas choisir entre fille ou garçon, je veux juste être une petite fille. Mais qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Mon corps réagit à tes contrôles et plus à mes volontés. Tu n’as pas le droit de contrôler mon corps, tu n’es même pas dedans pour voir ce que ça lui fait ! Enlève tes mains ! Comment tes mains, de l’extérieur, pourraient-elles prendre possession de la salle de commandes alors que personne ne peut commander aux petites filles de faire ce qu’elles ne veulent pas ? Ce corps n’est donc plus le mien ? Je ne comprends pas ce qu’il fait. Ca y est, il est trop  grand pour moi. Son programme est trop compliqué, je ne comprends plus son informatique. Quand je lui dis « souris », il se met à pleurer. Quand je lui dis « écoute », ses oreilles bourdonnent et je ne comprends pas ce que disent les autres corps. Quand je lui dis « réponds », il sort une phrase au hasard et les regards des autres semblent surpris. J’ai envie de crier « Je suis toute petite, là- dedans ! Et ce corps n’est pas celui qu’on m’avait donné au départ ! Je ne sais pas le faire marcher, il fait n’importe quoi ! Aidez-moi ! Qu’est-ce qu’il se passe ?» Mais personne ne m’entend. Alors je laisse tomber les commandes, je le mets sur pilote automatique, quitte à ce qu’il ait l’air d’un robot, et qu’il ait l’air idiot, et je m’effondre, je tombe au fond de ce corps trop grand, qui devient toujours de plus en plus grand, de qui on attend toujours plus et qui a décidé d’être féminin. Mais pourquoi m’a-t-on donné le corps d’une proie ? C’était si facile de n’être ni prédateur, ni proie. Mais non, voilà, j’ai compris. L’autre corps qui a pris possession de mon petit corps asexué était en fait un prédateur. Il a cassé une partie de mes commandes, celle qui m’aurait permis de me défendre, celle qui savait être forte, pour ne laisser que la partie la plus fragile, la plus facile à contrôler de l’extérieur. Je me suis faite avoir ! Dans les autres corps, il n’y a pas que des petites filles, il y aussi de grands méchants loups, et ils sont malins, ils savent te montrer patte blanche. Comment savoir alors dans quels corps sont les petites filles et dans quels corps sont les loups ? On pourrait croire que c’est facile : corps d’hommes = loups, corps de femmes = petites filles ! Mais c’est faux.

En effet, après quelques années encore, la petite fille allait découvrir qu’un corps de femme, celui de sa propre mère, celui de sa grand-mère, et de bien d’autres encore, pouvait cacher un loup de la pire espèce. Un loup qui n’a pas besoin de toucher son corps pour le contrôler. Un mot, un regard suffit pour faire faire à ce corps n’importe quoi. Et personne autour ne voit rien. C’est si facile, la petite fille est si petite, et elle a si peur.

Aujourd’hui, cette petite fille, qui a passé la plus grande partie de sa vie à se cacher dans un corps trop grand, qu’elle ne contrôlait plus, essaie de crier à nouveau. Plus fort.

Dans l’isolement de sa chambre, elle essaie les commandes. Elle ne laisse jamais la place à l’improvisation. Elle ne lâche jamais les commandes, ne s’octroie jamais une pause, de peur que ce corps ne fasse à nouveau n’importe quoi. Elle est fatiguée mais elle reste toujours sur le qui-vive, toujours les yeux ouverts. Même quand elle laisse se reposer le corps, elle ne s’assoupit pas de peur qu’un autre essaie à nouveau de la posséder.

Surtout ne jamais fermer les yeux, ne jamais se laisser aller. Elle ne joue plus avec son corps, elle ne lui laisse aucun espace de liberté. Mais elle regrettera toujours le temps, il y a très longtemps, où ce corps était petit et asexué, et où elle pouvait jouer avec lui en toute liberté, le temps où il répondait à chacune de ses volontés. 

 

dimanche 3 avril 2016

Synthèse "le drame de l'enfant doué" d'Alice Miller



     

     Parce que cela m'a vraiment apporté des clés de compréhension de ce que je vivais et constatais que d'autres également autour de moi, notamment ceux qui se reconnaissent dans les descriptions de zèbres, j'ai décidé de vous donner un petit condensé des principaux points abordés par Alice Miller dans ce livre. En espérant qu'il vous permette aussi d'avancer et de vous détacher de cette pression qui ne vous appartient pas.


  • L'enfant a des besoins fondamentaux :


1. D'être pris au sérieux, d'être considéré pour ce qu'il est, afin qu'il développe un sentiment de soi sain, un narcissisme sain.
2. Ce qu'il est correspond à ses sentiments, ses sensations et leur expression. C'est le sentiment profond de son identité. 
3. Lorsqu'il est dans une atmosphère de respect et de tolérance de ses sentiments, il peut abandonner la symbiose avec la mère et aller vers l'autonomie et l'individuation.


Les besoins narcissiques normaux de l'enfant sont :
- l'investissement narcissique d'un objet qu'il considère comme une partie de lui-même. il ressent de la déception ou le sentiment d'être blessé quand l'autre ne se comporte pas comme il l'attend ou en a besoin. 
- la mère est le premier objet investi narcissiquement avec une phase symbiotique puis une lente séparation entre soi et l'objet. 
- un besoin légitime d'être vu, compris, respecté pris au sérieux par sa mère.

Le narcissisme sain

    Dans une atmosphère familiale saine, la mère se laisse "utiliser" comme fonction du développement narcissique de son enfant.  Le climat affectif est accueillant, comprend les besoins de l'enfant (la mère ou si elle le permet d'autres personnes).
     On peut avoir un sentiment de soi sain si on a la certitude que les sentiments ou désirs ressentis appartiennent à son propre soi. Dans ce contexte, l'enfant peut vivre et exprimer ses sentiments : tristesse, désespoir, besoin d'aide, sans peur d'avoir insécurisé l'introject maternel.
Il a le droit d'avoir peur s'il est menacé, le droit de ressentir de la colère quand il est soumis à la frustration. 

Les critères d'un narcissisme sain sont :

1. Les pulsions agressives sont neutralisées car elles n'ont pas ébranlé l'assurance de la mère et son respect de soi
2. Les tentatives de quête d'autonomie de l'enfant ne sont pas ressenties comme des agressions.
3. L'enfant a le droit de vivre jusqu'au bout sa jalousie, sa colère, son obstination. 
4. L'enfant ne doit plaire à personne, il peut montrer ce qui vit en lui à chaque stade de son développement. 
5. Il peut utiliser ses parents comme un enfant le doit car ses parents ne dépendent pas de lui mais lui dépend d'eux.
6. Il y a une vraie séparation de soi et de la représentation de l'objet. 
7. Il a le droit de montrer ses sentiments ambivalents bons/mauvais sans avoir à les séparer (contradictions internes normales) 
8. Les parents aiment leur enfant en tant qu'être autonome.



  • Dans une situation insecure :


     La mère n'est pas sure émotionnellement. Son équilibre dépend d'un certain comportement de son enfant. L'enfant développe une aptitude à sentir, de manière inconsciente, ce besoin de la mère (ou parents) et le satisfait. Remplir cette fonction lui apporte ce qu'il confond avec l'amour. Ce besoin de lui que vit sa mère assure sa survie.  Ces enfants deviennent les mères (confidents, soutiens, consolateurs, conseillers, substituts affectifs) de leur mère.

Cela le conduit à un sensorium particulier pour les signaux inconscients des besoins des autres.

Conséquences :

1. Impossibilité de vivre ses propres sentiments (jalousie, colère, sentiment d'abandon, sentiment d'impuissance)
-> déni, renversement dans le contraire (sentiment que ce sont les autres qui ont besoin de lui), renversement de la douleur passive en comportement actif, introjection (internalisation du parent censeur), intellectualisation.
-> refoulement

2. Développement d'une personnalité fictive, d'un "faux soi" : il développe une attitude conforme à ce qu'on attend de lui. Le vrai soi ne peut se différencier car il ne peut être vécu. 
-> sentiment de vide, d'absurdité
-> anéantissement partiel de ses propres possibilités 

3. Permanence du lien qui empêche la délimitation par rapport à ses parents. L'enfant ne peut se fier à ses propres sentiments car il n'en a pas fait l'expérience (essai/erreur)
-> il est aliéné de lui-même, il a besoin de la confirmation de ses partenaires.

Il reçoit un amour biaisé sur l'enfant projeté et non sur lui réellement. 

Cela peut conduire à une forme de dissociation. Exprimer ses fantasmes sains d'être au centre de l'attention, des regards de ses parents, en prendre conscience, met fin à la dissociation. 


  • Description des troubles narcissiques


Les troubles narcissiques peuvent se révéler de deux façons différentes :

1. La dépression :

- sentiment de vide intérieur, d'isolement, d'absurdité de l'existence. Angoisse de la pauvreté et de la solitude due à l'aliénation de soi.
- grandiosité dans une forme de masochisme moral : critères particulièrement rigoureux qui ne valent que pour lui
- pensées ou actes considérés comme vils ou mauvais pour lui mais tolérés pour les autres (les autres peuvent être ordinaires, lui ne se le permettra jamais)

1. Il se moque de ses sentiments, les excuse, les minimise. Il ne prend conscience de ses émotions que plusieurs jours plus tard quand elles ont disparu, voire il n'en prend pas du tout conscience. 

2. Il se voit à travers les yeux des autres, se demandant quel effet il produit, comment il devrait être, quels sentiments il devrait ressentir. 

3. Le vrai soi est dans un état de non communication car il doit être protégé. L'enfant ne sait pas ce qu'il cache. 

     La dépression et le vide intérieur sont le prix qu'il paye ce contrôle. 
     Le vrai soi ne peut communiquer, car il est resté à l'état inconscient et ne s'est pas développé, il est dans une prison intérieure. Sa sensibilité, sa faculté de comprendre les autres, d'avoir des sentiments intenses et différenciés, le prédestinent à être utilisé, parfois de façon abusive, par des êtres ayant des besoins narcissiques insatisfaisants. 
     Si l'analyste n'en a pas conscience ou s'il transfère son besoin narcissique sur le patient, le patient peut effectuer un travail fictif pour contenter son analyste.


2. La grandiosité :

- besoin d'être admiré 
- s'admire lui-même pour ses qualités, sa beauté, son intelligence, son talent, ses réussites et ses performances
- dépression s'il perd une de ses qualités, ce sentiment de grandiosité est comme suspendu dans l'air.
- il n'a rien développé qui lui appartienne en propre où il aurait pu trouver un appui
- il investit narcissiquement ses partenaires. Les autres sont là pour l'admirer -> dépendance torturante. Tant qu'on admire ses qualités, on ne l'aime pas pour ce qu'il est vraiment. 
- il est responsable de la fierté ou de la honte de ses parents. 
- il recherche l'admiration de manière insatiable mais qui ne le comble pas vraiment puisque différent de l'amour vrai.
- il est jaloux de ceux qui n'ont pas à être admirés 
- le respect de soi dépend de ses qualités, performances, fonctions qui peuvent s'effondrer. 
- il recherche un partenaire dépressif à côté duquel il brille et qui l'admire.



Les points communs entre ces deux profils qui peuvent basculer de l'un à l'autre selon le contexte :

- faux soi avec perte du vrai soi potentiel
- fragilité du respect de soi dépendant de la réalisation du faux soi au lieu de naître de la capacité de ressentir ses propres sentiments. 
- perfectionnisme : idéal du moi très élevée. 
- déni des sentiments méprisés
- prépondérance des investissements narcissiques des objets
- dispositions à s'adapter nées de la peur de la perte d'amour
- envie à l'égard des êtres sains
- fortes pulsions agressives, détachées donc non neutralisées 
- grande vulnérabilité aux humiliations
- tendance aux sentiments de honte et de culpabilité 
- inquiétude, agitation continuelle



    Une mère ne peut être compréhensive que lorsqu'elle s'est libérée de son enfance et ne peut faire autrement que de réagir sans empathie lorsqu'elle porte des chaînes invisibles.

    Il existe des enfants intelligents, éveillés, attentifs, hypersensibles qui, parce qu'entièrement dévoués à leur mère, sont aussi utilisables, transparents, clairs et manipulables. Ils le resteront tant que le vrai soi (leurs sentiments) restera dans la cave de la maison transparente qu'ils doivent habiter. 

    La mère est incapable de prendre en charge le fonctionnement narcissique de l'enfant et elle-même a des besoins narcissiques insatisfaits. Elle va investir narcissiquement son enfant (cela n'exclut pas une véritable affection). Cet amour n'offre ni la constance ni l'espace dont l'enfant aurait besoin pour vivre ses sentiments et ses sensations. Les besoins de l'enfant ne sont pas intégrés mais refoulés. Ils restent enfouis sous forme archaïque. 
"Le besoin inconscient spécifique de la mère active, parmi les potentialités infinies du nourrisson, celles qui créent l'"enfant" qui est le reflet de ses propres besoins". Cela donne un cadre de référence en miroir auquel s'ajuste le faux self primitif de l'enfant. 




     Tous les enfants d'une fratrie ne sont pas nécessairement investis narcissiquement. Si l'un l'est, les autres peuvent jouir d'une plus grande marge de liberté.


  • En conclusion 


     Beaucoup d'êtres humains gardent toute leur vie ce sentiment de culpabilité, sentiment de n'avoir pas répondu aux attentes de ses parents. Ce sentiment est plus fort que la conviction intellectuelle que ce n'est pas à l'enfant de satisfaire les besoins narcissiques de ses parents. 
     Il faut effectuer un réel travail de deuil de ne pas avoir été aimé pour ce que nous étions. Sans ce travail de deuil, l'adulte met en place cette défense par la grandiosité ou la dépression, ou être dans une compulsion de répétition qui peut aller jusqu'à la perversion. 

Les principales étapes que vit cet enfant sont :
1. Subir dans sa petite enfance des offenses que personne ne considère comme telles
2. Ne plus réagir à la douleur par la colère 
3. Manifester de la reconnaissance pour ces prétendus bienfaits
4. Tout oublier
5. Décharger sur les autres ou contre soi-même la colère accumulée. 

     Il faut donc réapprendre à se connecter à ses émotions profondes de colère, d'injustice qu'on n'a pas pu vivre à cette époque car les risques encourus étaient trop grand pour l'enfant dépendant de ses parents. 

lundi 28 mars 2016

J'ai sept ans

J’ai sept ans, c’est mon anniversaire. Je me réveille toute remplie de joie de cette journée. Cécile va venir. Cécile, c’est mon amie. Elle est belle. Comme une poupée. De grands yeux bleus avec des loooongs cils. Un petit nez avec de toutes petites tâches de rousseur et une jolie bouche à la moue boudeuse, aux lèvres pleines, sur de petites dents bien blanches. Ses cheveux bouclés sont foncés, ce qui rehausse la blancheur cristalline de son visage. Je l’aime parce qu’elle est belle et parce qu’elle m’aime, je crois.
J’attends avec impatience le moment où elle franchira la porte, le moment où je verrais la jolie tenue de poupée qu’elle aura la chance de porter. Elle me fait rêver.
J’attends avec impatience le moment où elle va m’embrasser, où je sentirai son doux parfum de fruit, et où elle me murmurera à l’oreille de sa charmante petite voix d’enfant « Joyeux anniversaire ».
J’attends avec impatience le moment où maman, Virginie et Cécile auront les yeux rivés sur moi en chantant « Joyeux anniversaire » et en attendant le moment où je soufflerai les sept petites bougies qui brilleront sur le gâteau au chocolat, mon gâteau au chocolat ; pour moi !
J’attends impatiemment le moment où les bougies vont s’éteindre avec une légère fumée qui sent bon et où on m’apportera mes cadeaux que j’ouvrirai en trépignant de joie.
J’attends impatiemment....GNNOOUIIIK...Le rêve tourne court.
« Les filles, allez ranger vos chambres ! »
Quoi ? Pardon ? Mais c’est mon anniversaire ! Mais mon amie est là pour jouer avec moi ! Je ne peux pas la laisser toute seule en bas ! Ma chambre, elle peut attendre demain ! Cécile n’attendra pas ! Et puis, elle va manger tout mon gâteau ! Et puis elle va jouer avec mes jeux pendant que je serais dans ma chambre à ruminer ! Et puis je la déteste de s’amuser pour mon anniversaire alors que moi je ne m’amuse pas ! Je l’attacherais bien au portail !
Mais tout ça je ne le dirais pas. Je ne pourrais jamais le dire. Ce n’était pas contre Cécile que j’en avais, mais contre celle qui m’a gâché ma fête. Comment a-t-elle pu me faire ça le jour de mon anniversaire ? Il y a 365 jours par an et sur ces 365 jours, un seul est le jour de mon anniversaire. Alors, était-ce trop demandé que ce jour-là, seulement celui-là, je n’ai pas à ranger ma chambre alors qu’une seule amie est venue ?

« Merci maman d’avoir fêté mon anniversaire. » 

lundi 21 mars 2016

Surdoués vs zèbres TQI et autres sureff...






Cela fait quelques temps que je traine sur des groupes Facebook consacrés à la douance et je voudrais vous faire part de certaines de mes observations à ce sujet.



 

QI et test

 
   Le QI est la moyenne des résultats d'un test qui situe les performances intellectuelles d'une personne par rapport à une population de sa tranche d'âge.
     Pour plus de lisibilité, on répartit ces résultats selon une courbe de Gauss (outil statistique utilisé également dans d'autres domaines, elle permet de mettre en évidence une norme, au centre de la cloche, qui réunit 90% des cas). Le test de QI a été élaboré afin de mesurer des retards mentaux ; à partir de deux écarts-types par rapport à la moyenne de 100 (70 de QI, donc), il existe une différence significative ayant un impact sur la vie de la personne concernée.  En parallèle, il en est de même pour les personnes se trouvant à deux écarts-types au-dessus de la moyenne (130).
     On a décidé de les appeler surdoués, considérant les gens dans la moyenne comme normalement doués.
  



   Jusque là, tout est clair.


Comment des psys s'emparent du concept de surdoué


    Certains psys ont découvert, parmi leurs patients, qu'une partie était surdouée, fait étonnant puisqu'en toute logique, on pouvait penser qu'en étant ainsi dotés, tout devait très bien aller pour eux. A partir des observations sur ces gens en mal-être, ils ont établi une sorte de portrait-robot : hypersensibilité, grand sens de la justice, sentiment de décalage par rapport aux autres, empathie extrême, tendance à donner beaucoup aux autres etc... Et parce que le terme de surdoué est connoté "réussite", certains ont proposé d'autres mots : zèbres (WTF), HPI (haut potentiel intellectuel), HQI (haut quotient intellectuel), surefficients mentaux...  Mais au fur et à mesure de la médiatisation de tout ça, certains surdoués ont mis en évidence que ce portrait-robot était biaisé, et forcément puisqu'il était établi à partir d'une population qui allait mal. Comment, à ce moment-là, distinguer ce qui est dû au haut potentiel de ce qui résulte d'un état dépressif ?



Dérives 


     Là où le bât blesse, c'est quand certains psys commencent à catégoriser les surdoués entre les Intellectuels et les Emotionnels, les profils Laminaires et les Complexes, les neurodroitiers et les neurogauchers etc... Non seulement cela n'est étayé par aucune étude scientifique, mais en plus, on peut voir que toutes les nuances existent et qu'une même personne peut passer d'un profil à l'autre selon le contexte dans lequel elle se trouve. Sans compter que neurotrucmuche n'a aucun sens puisque nous utilisons tous nos deux hémisphères cérébraux et que haut potentiel émotionnel signifierait plutôt être capable de bien interpréter et gérer les états émotionnels que de pleurer devant Bambi.
     Les dérives de tout ça, c'est que des psys et autres coachs autoproclamés surfent sur la vague, proposent des conférences, séminaires et autres prises en charge éminemment lucratives mais qui se révèlent totalement inadaptées puisqu'elles visent à laisser penser que le patient se résume à ces caractéristiques et que ce sont les autres qui sont de grands méchants. Il ne peut donc pas évoluer et aura tendance à s'entourer de personnes dans le même état émotionnel que lui.
     Une autre dérive réside dans le fait que des non surdoués vont se retrouver dans ces descriptions (et pour cause, la dépression peut recouvrir des symptômes similaires, le tout assaisonné d'un bel effet Barnum) et ces psys peu scrupuleux ne les détromperont pas quand bien même leurs résultats au test de QI ne révèlent pas de douance.



Origines du déni de soi

       Les différentes caractéristiques citées dans ces descriptions correspondent donc à des gens qui sont dans une forme de déni de soi. J'aimerais qu'on se pose la question de ce qui fait qu'une personne est dans le don de soi, dans l'hyperempathie, dans l'entéléchie (forte pression personnelle de se conformer à des valeurs morales extrêmement contraignantes)etc...
     C'est en lisant Alice Miller que j'ai pu découvrir des pistes de réflexions que je tiens à partager avec vous, et cela n'a rien à voir avec la douance même si elle peut en accentuer les manifestations. Prenons un enfant vivant dans un milieu insécure dans lequel, pour survivre, il doit anticiper toutes les exigences implicites de ses parents sans quoi il en subit la violence (cas typique de la pédagogie noire bien plus insidieuse et fréquente qu'on ne l'imagine, je détaillerai plus cette partie dans un prochain article). Cet enfant, donc, développera de très bonnes capacités à s'adapter aux attentes de l'autre, à percevoir une demande non dite, et tout cela au détriment de lui-même. Ajoutons à cela les carences affectives qui aboutissent à une peur exacerbée de l'abandon et vous avez la victime idéale pour l'abus. Cette personne est prête à tout pour satisfaire l'autre. Pourquoi l'autre, ayant un minimum d'égoïsme sain (je reviendrai là-dessus également parce que c'est très important), se priverait d'en profiter ? A fortiori, une personne avec un narcissisme extrême trouvera en cette personne la source intarissable pour son bien-être.
     Il ne s'agit donc pas d'identifier untel ou untel comme un PN (Pervers Narcissique très en vogue dans la zébrosphère) ou un abuseur, mais plutôt ce qui, en soi, permet à l'autre la mise en place d'une relation abusive. Et cela est le résultat d'un comportement dans lequel on ne pose pas la limite, on ne se donne pas de place à soi-même. Ce comportement, qui était salutaire lorsqu'on dépendait d'un adulte dont on sentait la menace de l'abandon, n'a plus lieu d'être lorsqu'on est soi-même capable de faire ses choix, de subvenir à ses propres besoins.



Se poser les bonnes questions


     Tous ces psys à la noix, s'ils étaient compétents, inciteraient leurs patients à développer un narcissisme sain, à apprendre à envoyer bouler qui que ce soit à partir du moment où il empiète sur son espace, au lieu de les conforter sur un état immuable dans lequel ils sont condamnés à se sentir agressés et qui nécessitera une prise en charge ad vitam aeternam. Quel est l'interêt de ces psys ou coachs ? Peut-on réellement imaginer leurs intentions ? Je ne pense pas ; en revanche, on peut voir les résultats de leurs pratiques, et elles sont pour le moins suspectes.

lundi 24 août 2015

Un blog...

    Le besoin de m'exprimer s'est fait sentir le jour où j'ai compris que les clés que j'avais cherchées toute ma vie pour vivre n'étaient pas que fantasme. Il fallait que je partage mes découvertes, non seulement pour les valider mais aussi afin de permettre à d'autres d'aller plus vite que moi, de ne plus serpenter et se perdre.

        Après avoir fait quelques vidéos, l'image de moi nuisait au message que je voulais transmettre. On s'arrêtait sur la forme, ma féminité, mes hésitations, mes rires, pour en oublier ce sur quoi je voulais échanger. Et puis je me trouvais au coeur de ces réflexions comme un conférencier dont on apprécie ou pas les interventions mais avec lequel on ne dialogue pas.

      Je suis donc passée sur un support de communication interactif : le réseau social. Des échanges vifs et animés qui m'ont apporté énormément d'un point de vue clarté et efficacité du choix des mots et de la puissance de la phrase. Mais tout s'efface, tout se noie au fil du temps. Les publications disparaissent, les mots s'oublient. Ne reste qu'une pale sensation et des apprentissages qu'on ne partage pas.

      J'espère que ce blog va me permettre de réunir tout ce qui me tient à coeur : faire part de mes découvertes, échanger, dialoguer grâce à vos commentaires, avec l'avantage de les garder en lien avec les articles, de préserver une certaine chronologie.

      Et surtout, surtout, pouvoir m'exprimer dans la variété de ce que je peux partager. Aussi bien mes créations que mes réflexions. Non pas que j'ai la prétention d'être un exemple, puisque j'apprends sans cesse et que certaines choses que je sais, je ne les applique pas encore, juste pour la beauté de l'exercice.

      Je sens déjà l'ampleur de ce que j'entreprends et dois apprendre à gérer avec un perfectionnisme prêt à m'engloutir. Non, mon blog ne sera pas parfait et j'aurais atteint mon objectif si j'arrive à le supporter.

Bout de fil

C'est sur le fil des maux, sur le fil du rasoir
Sur le fil de la vie, sur le fil de l'espoir
Que je chemine, absente
Abstraite et chancelante

Je tangue d'un côté puis verse à l'autre bord
Je chancelle, hésiter, entre la vie, la mort
Sabishi ou tristesse ou bien mélancolie
Entre bleu de paresse ou rose de la vie

Et sur le fil de l'eau, je glisse et me désarme
Perplexe et étonnée, où se mêlent mes larmes
Je veux me relever, mais comme un funambule
Lentement, pied par pied, j'avance puis je recule

J'erre dans l'immensité, me perds, je déambule
Et dans l'adversité, je fuis en somnambule
Entre réalité qui m'exclut sans vergogne
Ou bien folie rêvée qui m'envahit. Je grogne

Je voudrais respirer, où suis-je, entre deux eaux
Sur quel fil dois-je danser, dois-je quitter ma peau
Pour enfin m'intégrer dans ce triste zoo
Dans ce bal, déguisée, sans cesse courber le dos.

Je ne peux m'y résoudre, c'est un lourd sacrifice
Qu'en leur jeu me dissoudre pour vivre d'artifices.


Je suis entière, indissociable
Mon âme flotte sur un fil
Et même si je suis méprisable
Je suis personne, je suis un fil.